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« ... il y a une faille dans notre démocratie »
En relisant « L'Armanak dè Vî Tchêne du Vèrvi » de 1952, je lis dans les « Prédictions po l'An 1952 » po janvier : « On djaz'rè, po l'cinqwante-sèp'tînme fèye, du racovri l'Vesse ». Et po avri : « On djaz'rè po l'cinqwante-ûtinme fèye du racovri l'Vesse ». Et po djulet : « On djaz'rè po l'cinqwante-noûvinme fèye du racovri l'Vesse, mins ci côp-ci, on n'è l'racouruv'reut qu'inte lu pont d'a Tchène èt l'pont des Récolètes ».
Et voilà que 54 ans après, le sujet est toujours d'actualité. En plus de trouver le projet d'une esthétique douteuse et le recouvrement de la Vesdre inacceptable, je me pose bien d'autres questions sur ce sujet.
On nous dit que ce projet va créer de l'emploi et on ne construit que des boutiques !
Il me semble évident que les emplois créés d'un côté se feront au détriment d'autres emplois ailleurs. Que le « machin » se réalise ou non, je me retrouverais toujours avec ma petite pension et plus grave, des milliers de personnes continueront à se « démerder" avec leurs allocations de chômage. J'ai toujours cru que le meilleur moyen de développer le commerce était d'augmenter le pouvoir d'achat des citoyens.
On me répondra que nous allons attirer les Allemands, les Hollandais, . . Mais j'aimerai savoir pourquoi ces braves gens viendraient chercher à Verviers ce qu'ils ont à profusion chez eux : des grands magasins.
On va, dit-on « récupérer » les Verviétois qui, sans scrupules, vont faire leurs achats à Maastricht. A ce sujet, je suggère de faire un petit sondage pour voir les motivations de ces Verviétois. Vont-ils à Maastricht pour y trouver telle marque ou tel magasin, ou bien vont-ils simplement parce que cette ville est sympathique, attrayante, conviviale ?
A Verviers on choisi la solution de construire une galerie commerçante sur un cinquième ou un quart du centre ville. Ce qui me semble être la négation même de la ville qui doit être avant tout un espace public. Vous y croyez vous à la « convivialité » d'une grande surface ? « Convivialité » qui ne sera, je suppose, autorisée qu'aux jours et heures d'ouverture des magasins.
Et pour ce faire, on vend la voirie communale à une entreprise privée. La ville ne nous appartiendra même plus. Est-il normal qu'un conseil communal puisse aliéner le patrimoine de la commune sans consulter la population ? Bien sûr c'est nous qui les avons élus, mais pas pour faire n'importe quoi. Et comme nous n'avons pas la possibilité de sanctionner nos élus en cours de mandat, il y a une faille dans notre démocratie.
Je voudrais savoir également, en supposant que le « machin » soit un échec, qui payera les pots cassés, et quels pots ?
Pour en revenir à « L'Armanak » de 1952, on peut lire également : « On n'pass'rè pus so lu Spign'tay duv'nou trop p'tit. Lu drî d'vinrè lu d'vant èt on frè les étalèdjes du l'aute costè ». Ce qui n'était peut-être qu'une boutade à l'époque pourrait être une belle idée aujourd'hui. Pourquoi pas raser un côté de la rue et construire de belles terrasses descendant vers la Vesdre ? On peut rêver ! .
Henri Moxhet.
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