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J'ai un peu mal à ma Ville.
Espérons de tout coeur que dans 3, 5, 10 ans on ne découvre rien de scandaleux ... sous le lit de la Vesdre et de ce fabuleux projet ForumInvest (fabuleux : vient de fable - ex. Jean de la Fontaine : "La grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le Boeuf").
Ne soyons pas mauvaise langue et continuons de croire que ce projet, amené par le Bourgmestre actuel, tout aussi soucieux que la majorité des concitoyens de l'avenir de Sa Ville, n'est peut-être que "légèrement pimenté" d'un désir de marquer durablement son maïorat, ... dans la pierre ou le béton. (.) Offrons lui donc - de son vivant politique, et demain s'il le faut - la place, la rue ou le square qu'il mérite. Débaptisons la Rue aux Laines ou de la Station s'il le souhaite ! Erigeons-lui une statue au milieu des jets d'eau de la Place Verte.
Je ne veux pas jeter de pierres : nos dirigeants doivent être entreprenants et volontaires, j'aime moins les obstinés et les adeptes du bras de force. Aujourd'hui, j'aimerais lui dire (avec respect) : L'excès nuit en tout. Verviers, c'est pas Pamela Anderson.
Admettons cependant que, pour les promoteurs, c'est une aubaine : la chronique récurrente de la mort annoncée de la Ville, et de son cortège de désespérance le long de sa Vallée de Larmes a vite fait d'ameuter les mercenaires, courtisans et conseilleurs. Ils ne seront pas les payeurs.
Etait-ce donc qu'ils étaient si peu à être convaincus du bien-fondé d'un tel projet puisque je ne me souviens pas que l'on ait parlé de concurrence. On aurait pu s'attendre à une bataille rangée de "promoteurs de beaux jours" venus de toutes les latitudes. (On a bien fabriqué Brasilia à partir de rien .... ) ... Il n'y en avait qu'un et ce fut celui-là.
On aurait pu attendre encore un peu. Tirer les (premières) leçons de l'Outlet Mall, consulter largement, s'enquérir des vrais besoins de la Communauté Verviétoise, éventuellement décider d'un concours ou d'un appel d'offre à grande échelle créant ainsi un projet partagé par un plus grand nombre. Mettre l'un ou l'autre architecte ou urbaniste local dans le coup.
A-t-on au moins fait l'inventaire avant liquidation ? L'état des lieux ? Qu'est-ce qui est à garder (cherchons bien, une ville se regarde aussi le nez en l'air), à abattre sans hésitation (avants et arrières de commerces faits d'alu et de panneaux cache-misère divers, ruines, ajouts d'annexes plus laids qu'un furoncle au milieu du visage). Ne pourrait-on pas déjà envisager de nettoyer quelques écuries ? D'accord pour des parkings (souterrains, c'est parfait, s'ils sont clean et sûrs), d'accord pour des espaces conviviaux, des terrasses et zones de douces quiétudes.
D'accord pour faire renaître l'envie de faire (petit ou moyen) commerce, donner l'occasion à nos quelques bons artistes locaux de s'exposer, susciter la balade pédestre (ou cycliste) au centre de la Ville, le long de l'eau. D'accord surtout pour nettoyer les berges de la Vesdre, faire la chasse impitoyable aux vandales (un bon exercice avant de devoir traiter les problèmes d'insécurité dans les centres commerciaux) et aux pollueurs (où est-il mon mur à tags, comme dans quelques villes que j'ai pu visiter). D'accord pour imposer une politique urbanistique sévère en centre-ville.
Avons-nous besoin d'une Grande Surface en Centre-Ville ? Heusy, rue du Collège, rue Lucien Defays, c'est pourtant pas si loin ? N'y a-t-il pas encore un peu d'espace près de l'Outlet Mall ? Les bâtiments de la Régie c'est pas assez grand ? Les vastes espaces industriels en Gérardchamps, c'est déjà vendu ? Il suffirait de modifier un peu le Bus qui va, désespérément vide, à l'Ardennes Outlet-Center et en revient tout aussi malheureux, l'aménager en "caddy-bus" pour les personnes du 3e âge et celles, sans voiture (avec tickets gratuits offerts par les Grandes Surfaces implantées sur ce parcours)... .
(.)
Je ne suis pas passéiste. Il y a longtemps que la Laine n'émeut plus personne mais il ne faut pas renier son passé. Je ne suis pas super-amoureux de la Vesdre : elle est là, pourquoi la cacher. Verviers, ville-étape, c'était vrai du temps des diligences. C'est pas Carcassonne ni Florence, mais juste une petite sous-préfecture-aux-champs où il devrait encore y avoir moyen de vivre correctement, gentiment, tranquillement. Les grands progrès se feront dans les zonings industriels, dans les écoles de la Ville et des environs, pas rue du Brou ni rue des Raines.
Qui a fait le décompte des 1100 emplois à pourvoir ?
En matière de revitalisation du centre, de promotion de l'emploi, j'estime que ce sont des "niches" qu'il faut trouver, chercher les particularités qui créent l'envie de découvrir, de se promener, donc de dépenser et de créer de l'emploi. Il faut surtout éviter de nouvelles fermetures de commerces engendrées par la panique de voir apparaître le Monstre du Loch Ness. Le déplacement de quelques centaines de mètres du centre de gravité d'une ville peut avoir des conséquences redoutables. Le "chaland" met des années à se créer son itinéraire, des semaines voire des jours à en changer (voir à Liège).
Il faut regarder autour de soi, pas toujours trop loin, pour admettre que des villes (à notre taille, pas XLS) ont su tirer parti de leurs particularités, sans pour autant chercher midi à quatorze heures : Hasselt, Malines, Roeselaere, Kortrijk, Tournai, ... J'invite tout le monde à voyager plus en Belgique et, de préférence, vers le Nord. Ils sont riches et ils ont des idées !
Les américains disent "keep it simple" : il faut faire simple et malin. Alors, appel à de nouvelles idées qui seraient prises en compte et non pas uniquement un référendum du type oui-non ? On se donne un peu de recul ? On revoit un instant sa copie ? On fait appel à la Concurrence ? Rassurez-vous, les investisseurs peuvent parfois attendre.
Allez, j'arrête ici. Bientôt les élections. Chacun va y aller de son contre-projet (rassurez-vous, je ne me présente pas) : Messieurs Les Poulidors des Communales, les chèvre-choutistes libéraux réformateurs, les membres du Peloton, affûtez vos arguments et Bonne Chance. Ne gaspillez pas les votes, pas de mégalomanie, gardez les pieds sur terre. Pensez à nous, Verviétois, quand même !!!
Etienne Noirfalisse.
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