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Des personnalités soutiennent l'action de Vesdre-Avenir...

Françoise Schrouben - 24.3.2007

 
Un temple de la consommation, un luxe ostentatoire ...
 

Un projet de grande envergure commerciale est proposé aux Verviétois. Le concept en est la construction d'un gigantesque complexe de 32 000 m² de surfaces commerciales, de 1300 places de parkings, et de 35 logements.

Cette opération se situerait au centre de la ville de Verviers, recouvrant sur 220 mètres de long, la Vesdre, la rivière qui génère l'articulation de la cité, en mordant largement sur les deux rives, dont l'une est bordée de maisons mitoyennes typiques des villes du Nord. Les façades de celles-ci, hautes et étroites semblant surgir de l'eau se dressent élégamment formant un rythme des plus harmonieux. Assez abîmées, leur réhabilitation serait, effectivement, souhaitable. Ces maisons sont habitées par des familles modestes comme tout le quartier avoisinant qui a attiré par ses loyers faibles une population issue en partie de l'immigration. Néanmoins, la vie de ce quartier s'est réorganisée autour des commerces de proximités ouverts le dimanche et les jours fériés.

Spintay : maisons typiques des villes du Nord

Dans le projet des promoteurs, la quasi totalité de ces maisons serait vouée à la démolition, entraînant un manque évident de logements, en tout cas à caractère social (les 35 logements prévus seraient chacun d'une surface de 130 m² d'un coût de construction de 2900 euros le m²).

Le recouvrement de la Vesdre est un problème crucial pour la réalisation de cet aménagement.

La Vesdre : des berges joliment aménagées

Il l'est pour les Verviétois qui légitimement défendent la sauvegarde de leur rivière qui fut l'élément fondateur de leur industrie lainière et du développement de leur Ville et qui fait donc partie de leur patrimoine. Ils ont d'ailleurs très joliment aménagé ses berges au cours des dernières décennies, favorisant les déplacements à pied ou en vélo. La Vesdre est régulièrement nettoyée et a permis le retour de nombreuses espèces d'oiseaux et la croissance de diverses plantes.

En outre, le recouvrement d'une rivière, ne fût-ce qu'en partie, est aussi une atteinte à l'environnement d'une manière générale et nous concerne tous. À l'heure du réchauffement climatique et du développement durable il est inimaginable de permettre une telle agression écologique pour des raisons strictement spéculatives telles que la création d'un complexe de commerces franchisés.

Comme beaucoup de régions ayant dépendu de leur industrie lainière, après l'effondrement de celle-ci, Verviers n'a cessé de se paupériser, entraînant dans sa chute une désertification de son centre. Avec beaucoup de courage, les Verviétois ont lutté pour redynamiser l'activité commerciale du centre- ville avec des moyens divers tels que le réaménagement des places, les rues piétonnes, les fontaines, les terrasses de café. . Tous ces efforts ne sont rien aux yeux de promoteurs froids et calculateurs qui ne cherchent qu'à flatter la vanité de certains et à utiliser le désarrois des autres afin de mieux manipuler la population pour qu'elle ne puisse pas être une entrave à la réalisation de leur opération financière. Car un programme d'une telle dimension pour la taille de cette commune ne peut qu'attirer l'attention sur sa validité et on est en droit de s'interroger sur la bonne foi de ses auteurs.

Paris-Canal de l'Ourcq : terrasses

Par ailleurs, comment ne pas douter que l'implantation de ce bâtiment commercial telle qu'elle est prévue, n'aura pas un impact néfaste sur les populations déshéritées qui l'environnent. Ce temple de la consommation ne risque-t-il pas de paraître un luxe ostentatoire ? A moins, évidemment, que l'un des buts de cette opération, plus politique celui-ci, serait de repousser les pauvres hors de la ville ?

Paris-Canal de l'Ourcq : berges aménagées

Verviers, comme beaucoup de villes de Wallonie a besoin d'une revitalisation économique sans précédent. Pour autant, une politique à unique vision commerciale est-elle une solution ?

À la grande époque de Verviers, lorsque l'industrie lainière était florissante, le commerce battait son plein, mais seulement parce que la première activité était liée aux manufactures lainières. Qu'en est-il aujourd'hui ? La situation n'est pas comparable. Ne pourrait-on pas imaginer d'autres secteurs d'activités, plus actuels ? Et si le développement durable permettait de nouvelles solutions ? Il y a tant de choses à réaliser ! Verviers a la chance d'abriter une rivière, possède un réseau ferré et une situation géographique inespérés. Avec de l'imagination, de la détermination et une force vive de travail cette ville a tout à gagner.

Je fais confiance au courage des Verviétois, en leur intégrité et en leur solidarité pour imaginer qu'ils n'acceptent pas l'Intolérable.

 
Françoise Schrouben est une architecte verviétoise, elle travaille et vit à Paris depuis 25 ans.
 
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