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On ne dissimule pas une richesse environnementale qui est source d'inspiration pour une esthétique urbaine que chaque ville, avec insistance, réclame. L'assainissement de notre rivière est un succès pour beaucoup d'élus et de citoyens. Doit-on par après la soustraire au regard ?
Je sais que ce genre d'affaires relève de l'art urbain et de l'esthétique de notre bonne ville de Verviers. Je sais aussi que cela se confond dans les expressions abstraites des bureaux administratifs et que la ville n'apparaît pour certains que comme une simple distributrice de "chiffres pressés". Or l'expérience nous apprend qu'il ne faut pas agir avec empressement. Les projets de la sorte limités au début, circonscrits pour le plus grand bien, dit-on, de la population, seront eux-mêmes critiqués dans quelques années par d'autres élus et par de nouveaux citoyens qui estimeront que ce projet doit être poursuivi, étoffé, allongé ou, au contraire, démoli.
Il faut garder en vue la pérennité de la ville pour donner un avenir urbain à ceux qui suivront. Une Vesdre enterrée, recouverte même partiellement, cela fait penser à Bruxelles qui se reproche bien d'avoir comblé, rapetissé et couvert la Senne qui a disparu du paysage pour faire place aux grands boulevards du centre.
C'est cela qu'il faut éviter à Verviers. La Vesdre est un patrimoine vert et bleu à protéger. C'est une oeuvre d'art, un cadeau de la nature qui, telle une géographie plastique, sied si bien à notre ville. Elle peut être une oeuvre d'art collective si on y prend soin.
Marcel Junius
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